Abruptes continuités

par Richard Petit

The Hills

À première vue, “The Hills” semble ne documenter rien de précis, échappant aux
conventions de la “série” photographique. C’est d’ailleurs plutôt un ensemble
multimédia : à côté des photographies prises dans le cadre du projet, on trouve des
dessins faits sur des années, des Polaroid retrouvés, des Photogrammes, souvenirs d’un voyage au Mexique, on trouve même, dès le début de l’exposition, un poème dactylographié et une
broderie : “The Hills”, le titre de l’exposition, mais où sont ces collines ?

À première vue, “The Hills” semble ne documenter rien de précis, échappant aux conventions de la “série” photographique. C’est d’ailleurs plutôt un ensemble multimédia : à côté des photographies prises dans le cadre du projet, on trouve des dessins faits sur des années, des Polaroid retrouvés, des Photogrammes, souvenirs d’un voyage au Mexique, on trouve même, dès le début de l’exposition, un poème dactylographié et une broderie : “The Hills”, le titre de l’exposition, mais où sont ces collines ?

La narration

“Mon idée narrative n’est pas vraiment précise, j’ai le désir d’être moi-même surprise,
nous dit Myriam, comme si j’étais dans le noir, dans un train fantôme”.
“Surprenante déstructuration, des cassures rassemblées” écrit Luc, un ami philosophe.
Il s’agit de rechercher quelque chose en partie effacé, oublié, comme dans un rêve.
“J’aime mes dessins, parce que j’ai l’impression que c’est quelqu’un d’autre qui les a faits”.
Enfant, Myriam vivait dans la nature, elle s’ennuyait à l’école et dessinait sans cesse.

Elle suivra plusieurs formations artistiques, l’Atelier de Sévres à Paris, puis l’ ENSAPC Paris Cergy et enfin l’ENSP à Arles, où Christophe Laloi, son professeur, l’encourage à rassembler tous ces trésors pour faire œuvre. 

“Mon idée narrative n’est pas vraiment précise, j’ai le désir d’être moi-même surprise,
nous dit Myriam, comme si j’étais dans le noir, dans un train fantôme”.
“Surprenante déstructuration, des cassures rassemblées” écrit Luc, un ami philosophe.
Il s’agit de rechercher quelque chose en partie effacé, oublié, comme dans un rêve.
“J’aime mes dessins, parce que j’ai l’impression que c’est quelqu’un d’autre qui les a faits”.
Enfant, Myriam vivait dans la nature, elle s’ennuyait à l’école et dessinait sans cesse.

Elle suivra plusieurs formations artistiques, l’Atelier de Sévres à Paris, puis l’ ENSAPC Paris Cergy et enfin l’ENSP à Arles, où Christophe Laloi, son professeur, l’encourage à rassembler tous ces trésors pour faire œuvre. 

Lament

“Lament” est une image arrêtée de cinéma 8mm, la petite cascade est figée, il me semble
pourtant percevoir l’écho de sa rumeur. Une image à peine visible, d’un noir et blanc où le
sujet peine à émerger du grain épais de la pellicule rayée. Démesurément agrandie, elle
montée sous Diasec, et sise dans une caisse américaine dorée à la feuille. Pourquoi cette
non-image est-elle ainsi présentée en majesté ?

“Lament” est une image arrêtée de cinéma 8mm, la petite cascade est figée, il me semble pourtant percevoir l’écho de sa rumeur. Une image à peine visible, d’un noir et blanc où le sujet peine à émerger du grain épais de la pellicule rayée. Démesurément agrandie, elle montée sous Diasec, et sise dans une caisse américaine dorée à la feuille. Pourquoi cette non-image est-elle ainsi présentée en majesté ?

Le lieu

Que s’agit-il d’honorer ? C’est “Le Lieu” nous dit Myriam (où tout a commencé ?), lieu
imaginé, où Juliette, qu’ailleurs on croit avoir vue enfant sur un Polaroid, pose avec
Wladimir, un gros chien blanc, sur une autre oeuvre tirée elle aussi d’un film cinéma.
Arrêter le mouvement du film ; comme des cendres en suspension avant qu’elles
retombent lentement au sol, fragments d’une histoire qui n’est jamais complètement élucidée.

L’Agneau

Images excavées d’improbables archives, il s’agit de remonter à l’origine. De la même
manière, l’agneau est “L’Agneau” (de Dieu… ?), d’ailleurs il est déjà mort depuis longtemps, il a été mangé.
Pourtant “il me parle” dit-elle. Il est la mascotte, l’esprit, de l’oeuvre de Myriam,
il a réussi à se faufiler d’une “série” à l’autre, adoré, dévoré.

Le Temps

Le rapport à la temporalité est sophistiqué et complexe. Il y a d’abord le temps arrêté du
cinématographe, choix d’une image, parmi vingt-quatre par seconde, quelques
millimètres carrés de pellicule, comment espérer en extirper des mystères ?
Puis explorer l’enfance, “accueillir l’inconscient avec bienveillance” nous dit-elle, se
reconnecter avec des émotions originelles, “peut-être rencontrer des géants”, note un
inconnu dans le livre d’or.
Myriam ne fait pas de séries au sens de l’école de Düsseldorf, ni même réellement de
projets séparés, il s’agit plutôt d’une oeuvre au long cours, d’un immense “Continuum”, le
titre de son prochain corpus qui reprendra encore et toujours des éléments des anciens travaux.

Le Rituel

Léone était la grand-mère d’un ami vigneron, la commande initiale d’une étiquette de vin
est devenue… une exposition : “Ceci est mon vin”.
Histoire sans cesse réinventée, l’enfance est comme le lieu jamais révélé, mais suggéré
sous forme d’interrogations.
L’Agneau vit à Béthanie, où résidait la Sainte Famille, c’est aussi un hameau à côté de
chez elle. Myriam, qui est aussi restauratrice d’art, fréquente les anciennes églises et leur silence.

Labyrinthe de citations, temps qui n’a jamais fini, l’oeuvre polymorphe de Myriam Assie est d’une grande richesse visuelle. Le sacré et le passé y sont partout présents. Dans ce continuum cyclique s’égrènent des ruptures, ou bien d’abruptes continuités.

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